« En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! »

En 1973, le gouvernement créait une agence pour les économies d’énergie au slogan resté célèbre, accompagné d’un jeu « la chasse au gaspi ». Trente-huit ans plus tard, force est de constater que l’histoire bégaye.

Mais le ton est plus solennel, et les enjeux autrement graves, car les menaces liées à la pollution, aux changements climatiques et à la crise économique sont bien réelles, tandis que les compteurs du prix des énergies s’affolent.

Greenwashing

Mais les idées sont là, et à profusion i À Batimat, le salon international de la construction qui se tenait à Paris, pas un secteur n’échappait au « greenwashing » ou « ècoblanchiment ». Tous les éléments de la construction semblent désormais plus économiques, écologiques, isolants, performants, naturels, sains, bioctimatiques, à haut rendement, voire même intelligents !Vraiment pas facile d’y faire son shopping en vue d’un projet de construction, même s’il apparaît comme une évidence que nous possédons déjà tous les outils pour limiter drastiquement nos consommations d’énergie. Nous vous proposons donc notre petite sélection de produits et surtout de systèmes qui nous semblent novateurs et efficaces.

Le kit

« Homelib » est la très belle idée du moment. La première maison positive en énergie à construire soi-même et à moins de 100 000 euros. Ses deux créateurs ont abordé le sujet en totale « décontraction » et mis au point des solutions ingénieuses qui sortent du carcan : « c’est la technique qui fait le projet ». Non.Ce sont bien les projets qui font évoluer la technique, et ils le démontrent !

En béton végétal

Et pas avec n’importe quelle plante, avec du chanvre. Tous les ingrédients du post-soixante-huitard semblent réunis pour construire sa maison au fond des bois ! Pourtant, après 20 ans de tâtonnements et d’expérimentations, le chanvre s’avère un très bon produit de construction sous la forme de chène-votte moulée en brique avec de la chaux. En un seul bloc, il remplace tout un complexe de matériaux isolants. En rénovation comme en neuf, il allie performance, efficacité et empreinte environnementale incomparables.

Il est interdit d’interdire !

Après avoir évoqué le gaspi et le chanvre continuons sur notre lancée avec un slogan dans le ton de l’époque : «il est interdit d’interdire ». Sa version 2011 est beaucoup moins révolutionnaire puisqu ‘elle a été remise au goût du jour sous les ors de la République. Publié au Journal Officiel le 13 juillet 2011, un décret vient mettre de l’ordre dans l’intégration des énergies renouvelables e1de l’isolation du bâti- Il précise que le permis de construire ou d’aménager ne peut désormais plus s’opposer à l’utilisation de « matériaux d’isolation thermique des parois opaques des constructions et, notamment, le bois et les végétaux en façade ou en toiture». Concernant les systèmes de production d’énergie à partir de sources renouvelables, le décret dit que l’administration ne pourra plus les rejeter dans le cas où leur production correspond «aux besoins de la consommation domestique des occupants de l’immeuble ou de la partie d’immeuble concernée ». Il est donc désormais interdit d’interdire les toitures végétales, les bardages bois et les panneaux solaires. Néanmoins, le législateur préserve les prérogatives des Architectes des Bâtiments de France dans les zones classées. Et les communes ont la possibilité de délimiter des périmètres au sein desquels elles pourront s’opposer aux toits verts ou bleus. .. Néanmoins, le bon sens a primé et qu’il soit fait bon usage de ce décret.

Rendez-vous en 2012

Oui, nous aussi, nous avons balbutié notre rythme de parution ces dernières semaines Nous espérons que ce numéro répondra aux attentes que tous les impatients nous ont manifestées. C’est promis, on fera mieux en 2012.

Christophe Faure

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